/Overtime/ Retraite sportive-reconversion, Jason Bach nous partage la recette de sa réussite !

11 juil 2022

 

Salut Jason ! 

Après une belle saison avec ton équipe de l’ASA, tu as annoncé ta fin de carrière. Alors, une question assez simple mais qui a toute son importance, comment te sens-tu ? 

 

Salut Arthur ! 

Pour l’instant, tout va bien. Il faut dire qu’on vient tout juste de sortir des playoffs et de terminer la saison donc j’ai l’impression d’être toujours dans le rythme. Je ne ressens pas vraiment le manque de la compétition mais je pense que ça me fera bizarre au moment de reprendre en août avec les copains, surtout parce que j’aurai ce manque du « haut-niveau ».

 

Justement, avant de laisser ce « haut niveau » derrière toi, quel bilan dresses-tu de cette dernière année ?

 

Aujourd’hui, j’ai forcément quelques regrets à la suite de la fin de notre saison.

Être à un match de jouer les finales, c’est quand même rageant ! Mais honnêtement, quand on regarde le début de cette saison, c’est difficile d’avoir beaucoup de regrets. Je ne suis pas sûr que la majorité de gens aurait mis une pièce sur nous en février si on leur avait dit qu’on serait en demi-finale des play-offs, à un match de battre Antibes et de jouer la finale. 

Franchement, quand on voit d’où l’on vient, c’est vraiment un super parcours et ça m’aurait embêté de finir sur une descente donc je suis content que ça ce se termine ainsi.

 

Une saison pleine de surprises qui vient s’ajouter à ta très belle carrière sportive. J’imagine que tu as 1000 souvenirs en tête mais pourrais-tu nous en partager un marquant pour toi ?

 

Il y a effectivement énormément de bons souvenirs ! 

Déjà, j’avais adoré mes trois premières années à l’INSEP et avec les équipes de France jeunes. Des vrais moments de partage entre potes et c’est assez compliqué de retrouver ce genre d’ambiance une fois que l’on passe professionnel. 

Je pense que ce sont ces années-là et mes premières campagnes équipe de France que je garderai toujours en mémoire.

Après celles-ci, j’ai enchaîné avec deux années à Strasbourg où ça a été plus compliqué. L’équipe venait d’être championne de France et c’était tout de suite plus dur pour se faire une place.

Mais je me souviendrai bien sûr des différentes montées que j’ai pu faire, de N2 à N1 avec Lorient et N1 à Pro B avec Souffel. 

Quand tu gagnes c’est forcément des bonnes années !

 

Et pour la suite ? As-tu prévu de continuer à jouer ? Tu t’orientes vers un nouveau projet professionnel ?

 

Déjà, pour ce qui est du basket, j’ai décidé de m’engager avec un club de N2 dans la région. Avec mon épouse, on avait décidé de rester dans le coin donc on va dire que ça a aidé dans ma décision et puis je vais rejoindre des amis avec qui je jouais à Souffel ! 

 

Pour ce qui est du reste, j’ai fait des études pendant à peu près toute ma carrière et j’ai notamment passé un diplôme pendant 6 ans pour devenir expert-comptable. J’ai donc le DSCG ou diplôme supérieur de comptabilité et de gestion et j’aimerai débuter mon stage de fin d’étude en décembre pour devenir expert-comptable.

Des projets sportifs et une après-carrière déjà bien dessinés ! 

Concernant plus particulièrement ton après-carrière, peux-tu nous expliquer comment tu t’es dirigé vers un DSCG ? 

 

Ma formation en comptabilité est un peu arrivée par hasard. J’ai toujours fait des études pendant ma carrière sportive. 

J’ai commencé après le bac en faisant une licence STAPS à Strasbourg que j’ai validé en 4 ans il me semble. 

Pendant la dernière année de ma licence, il se trouve que j’avais de la comptabilité et ça m’a tout de suite beaucoup intéressé. 

Je crois que j’ai toujours beaucoup aimé les chiffres et du coup j’ai commencé à me renseigner sur ce qu’il était possible de faire. Je me suis donc inscrit au DCG (Diplôme de comptabilité gestion) et comme c’était possible de le faire financer par les clubs, j’ai pu faire tout ça par correspondance et sans avoir financer ces diplômes sur mes fonds persos. 

J’ai ainsi passé mon DCG sur les 3 premières années et j’ai enchainé avec le master DSCG que j’ai aussi passé en 3 ans. 

Je l’ai validé en 2018, ce qui m’a permis de souffler un peu jusqu’à la fin de ma carrière.

 

Tu parles de formation à distance, donc en parfaite autonomie. As-tu trouvé ça compliqué de te former pendant ta carrière ?

 

Honnêtement, ça a été. C’est ce que je réponds toujours aux personnes qui me posent la question. 

On a la chance d’avoir un métier qui nous laisse beaucoup de temps libre, donc c’est tout à fait faisable. C’est surtout une question d’organisation. 

À l’époque, je n’avais pas d’enfants donc c’était plus facile de le faire et ma première fille est née en 2018 donc c’était le timing parfait. 

 

Finalement, même quand tu t’entraines deux fois, tu as du temps dans ta journée ! Alors c’est sûr que si tu te réveilles 5 minutes avant l’entrainement et que tu dors 3h l’après-midi, ça va être compliqué ! 

Mais si tu t’organises bien et que tu peux faire ta formation de chez toi, c’est vraiment possible de le faire sereinement.

 

Aujourd’hui, on a des outils qui nous permettent de faire des trucs dingues en termes de formation à distance et tout ça n’existait pas il y a 20 ans.

Pour nous sportifs professionnels pouvoir suivre une formation à distance c’est juste incroyable. On peut jouer en Italie ou en Espagne et suivre une formation en France. Ce sont des choses auxquelles on n’aurait jamais pensé ! 

 

Sinon, on aurait vite fait de partir seul ou avec notre famille et de passer notre vie devant Netflix et ce n’est franchement pas la même chose.

Et puis, il ne faut vraiment pas prendre ça à la légère parce que la fin de carrière arrive vite ! Peut-être 35 ou 40 ans pour ceux qui dure le plus et ça reste jeune dans une vie active. A part ceux qui ont pu gagner 400 000 euros par an et se construire de gros capital, les autres doivent vraiment y penser sinon ça risque de leur faire bizarre.

 

Tu as finalement eu assez de facilité à trouver ta voie. 

C’est vrai que l’on peut voir des joueurs tâtonner, qui ont du mal à trouver un projet ou qui font des études « par défaut » 

Est-ce que tu aurais un conseil à donner à ce joueur qui serait justement en train de penser à sa reconversion ?

 

Le plus dur, c’est vraiment de trouver ce qu’on a envie de faire, surtout quand tu es à fond dans le basket. C’est vraiment compliqué de se projeter sur un nouveau projet de vie !

Je pense que, même si certains joueurs font des formations par défaut, ça leur sera toujours utile d’une manière ou d’une autre.

J’ai toujours fait des études et même si finalement je suis allé sur quelque chose d’autre, le fait d’enchainer a été très bénéfique pour moi. Ça m’a aidé à garder le rythme.

 

Donc mon conseil, ce serait que parfois il vaut mieux faire quelque chose que de ne rien faire du tout, surtout quand on a du temps libre et ce, même si on n’est pas sûr à 100% que c’est quelque chose qui va nous intéresser. Comme je le disais, j’ai fait STAPS parce que j’étais sportif de haut niveau tout en sachant que je n’allais pas bosser là-dedans plus tard mais ça m’a ouvert à de nouvelles études et ça m’a permis de garder le rythme et m’a poussé à faire des choses, à rester actif !

 

Franchement, si tu poses la question à des jeunes de 18 ans joueurs ou plus, il y en a 90% qui seront incapables de te dire ce qu’ils veulent faire et surtout dans quoi ils bosseront dans 40 ans. S’ils sont capables de le faire, ils auront vraiment un plan de carrière exceptionnel et c’est vraiment très rare.

Le plus dur c’est de se projeter finalement. C’est pour ça qu’il faut toujours faire quelque chose et essayer, quitte à commettre des erreurs. On peut toujours faire des erreurs, c’est toujours mieux que de ne rien faire !

 

La facilité c’est de se mettre 100% dans le sport et de se dire que tout va bien se passer. Mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas le cas pour tout le monde et que tous les joueurs n’ont pas la carrière escomptée. 

Il y a tellement de paramètres qui rentrent en compte ! S’il n’y avait que le travail tout le monde y arriverait. Il suffirait de passer 12 heures par jour à la salle pour faire carrière. Bien sûr ce n’est pas à la portée de tout le monde mais il faut quand même prévoir les aléas.

Même ceux qui ont pu vivre du basket et faire une carrière doivent penser à l’après.

On a la chance de vivre de notre passion et de ne pas bosser de 8h à 18h. 

Si on regarde entre le repos et les entrainements, on peut facilement dégager entre 8 et 10 heures dans nos journées. Ce serait vraiment dommage de ne pas les utiliser à bon escient !

 

À bon entendeur ! 

Merci pour cet échange Jason. 

Le SNB te félicite pour ta carrière et surtout te souhaite beaucoup de réussite pour ton stage et ta nouvelle carrière d’expert-comptable.

Au plaisir de te revoir sur et en dehors des terrains !

 

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