OVERTIME – EDOUARD CHOQUET NOUS PARLE DE SES PROJETS FUTURS ET REVIENT SUR SA CARRIÈRE!

22 août 2022
Retraite Edouard Choquet

Salut Edouard ! Comment vas-tu ?

Ta prise de décision quant à l’arrêt de ta carrière sportive a récemment été rendue publique.

Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Salut Arthur,

Je vais bien, merci.

Ma décision était quand même dans les tuyaux depuis plusieurs semaines. C’est quelque chose auquel j’avais déjà bien réfléchi.

Mon contexte personnel a simplement accéléré les choses. Mais, si je dois parler de mon état d’esprit en ce moment, je dirais qu’il est plutôt libéré. C’est la première fois de ma carrière que je ne cours pas derrière la prépa et les tests médicaux au mois d’août (rires).

Dans un sens, c’est assez libérateur quand tu as fait 15 ans de basketball professionnel avec pas mal de sacrifices et une organisation essentiellement tournée vers la carrière de sportif. Ça fait du bien de pouvoir se dire que le 10 août je peux encore partir en vacances par exemple (rires).

C’est vraiment quelque que chose de nouveau et agréable pour moi.

Après, c’est encore l’été et la saison n’a pas encore repris donc c’est assez compliqué pour moi d’avoir le recul nécessaire pour savoir où j’en suis vraiment.

Mais globalement je suis en paix avec cette décision.

 

Justement tu te sens en paix avec cette décision peut-être aussi parce que tu avais commencé à prévoir tout ça en amont…

J’ai souvent eu des projets annexes tout au long de ma carrière, que ce soient des études ou autres, c’est quelque chose que j’ai toujours eu en moi.

Tout d’abord, parce que ça me faisait du bien, notamment dans la gestion de ma carrière et ensuite parce que ça faisait partie d’une réflexion plus large.

En étant joueur de ProB ou ProA, il y avait très peu de chance que je sois rentier à la fin de ma carrière.

La question était donc : «  Comment faire pour être épanoui dans ma vie mais aussi avoir une situation financière stable ? »

Mais comme je te l’expliquais, mon contexte personnel a bien évidemment joué.

Je pense que j’aurais pu faire une saison de plus mais je dois bien avouer que je n’aurais pas eu autant la « niac » que lors des précédentes.

Annoncer sa retraite, c’est toujours un évènement mais globalement j’y pense depuis un moment parce qu’il y a un projet derrière. Je n’ai donc pas pris cette décision sur un coup de tête.

 

En parlant de « Niac » et de ta carrière, quels souvenirs penses-tu emporter avec toi ?

Il y en aurait tellement !

Pour en avoir parlé avec d’autres personnes, j’ai quand même la chance de pouvoir terminer ma carrière de basketteur avec un palmarès. Pouvoir regarder en arrière et voir ces succès, c’est très gratifiant.

Allez, si je devais en mettre certains en valeur, je pense que le premier serait le titre avec l’ASVEL en 2016.

C’était ma première année en ProA, dans un club mythique qui plus est, avec la sensation de vraiment évoluer à un niveau supérieur.

Et au-delà du club ou du titre, c’est l’histoire que je retiendrai.

Comment cette équipe-là, qui n’avait pas fait une grosse saison, a réussi à mettre tous les bons ingrédients lors des playoffs pour devenir invincible. J’ai vu des joueurs se mettre au service de l’équipe notamment pendant les playoffs et c’est vraiment un super souvenir.

Au-delà du sport, je pense que ça veut dire beaucoup. C’est inspirant de voir comment une somme d’individus peuvent mettre leurs efforts en commun pour le bien d’un collectif, pour atteindre un objectif commun.

Ensuite, je pense à la première montée avec Fos.

Il s’agissait là d’un projet plus personnel. Je retournais en Pro B après deux saisons de Pro A, avec comme objectif de jouer une montée avec le club.

Et là, tout se déroule comme c’était prévu ! On fait une saison correcte et on finit très fort puisque saison et playoffs confondus on gagne les 12 derniers matchs d’affilés, en battant le favori, Roanne, en finale pour couronner le tout.

Cette fois-ci, j’ai vraiment essayé d’incarner un projet de club et le fait que tout ait fonctionné restera vraiment un bon souvenir.

 

Et au-delà de ces victoires, de ton palmarès, est-ce que tu penses que certaines choses de ton quotidien de basketteur vont te manquer pendant ton après-carrière ?

Après réflexion, et c’est quelque chose dont j’ai vraiment profité ces deux dernières saisons, ce qui va me manquer le plus, ce sont tous les petits moments informels.

Quand tu es en déplacement, les repas, quand on se retrouve pour discuter avec les gars de l’équipe à l’hôtel ou encore les collations d’avant matchs…

Ce sont des moments d’échanges et de camaraderies qui sont toujours plaisant à vivre.

Je ne pense pas que les entrainements vont vraiment me manquer. Pour ce qui est du championnat, je pense que ce sera plus le côté compétition qui me manquera car c’est quand même très addictif.

Ce sont définitivement les moments où tu crées du lien avec les gens autour de toi qui vont le plus me manquer.

 

Effectivement, nous parlons beaucoup des aspects sportifs mais on se rend bien compte que l’extra-sportif a une valeur très importante tout au long d’une carrière.

Quels sont d’ailleurs tes projets pour la suite ? Tu as aujourd’hui ton entreprise Quan, j’imagine que c’est ta priorité numéro 1 ?

Ma priorité numéro 1 aujourd’hui, c’est de développer Quan avec comme idée d’aller chercher des nouveaux clients et de progresser sur la partie « évènementiel sportif ».

On vient tout juste d’organiser un camp pour les jeunes joueurs et j’aimerais continuer à développer ce type de projet car j’ai l’impression d’avoir un format qui me plaît et que j’aimerais voir perdurer.

C’est déjà un projet qui va me prendre pas mal de temps et c’est très positif puisque ça va me motiver à me lever tous les matins.

Ensuite, ça fait déjà plusieurs années que l’idée de développer le basket à Marseille me trotte dans la tête. Je pense qu’il y a plein de manières de le faire et même si aujourd’hui je n’ai pas encore choisi laquelle, j’ai déjà pas mal d’idées en tête.

Marseille est une métropole française où il n’y a pas ou trop peu de basket à mon goût et comme je compte rester dans ce secteur encore quelque temps, je me dis qu’il y a peut-être quelque chose à tenter là-bas.

 

Deux projets d’envergure !

Pour les réaliser, est-ce que tu as suivi une formation sur la création d’entreprise et/ou le management de projet durant ta carrière ?

Quel est ton parcours de formation ?

J’ai rapidement arrêté mes études quand je suis passé professionnel.

J’avais commencé par une fac d’anglais mais j’y ai mis un terme au bout d’un an pour me concentrer sur le basket.

Ce qui est assez drôle, c’est que j’ai repris mes études aussi vite que je les ai arrêtées.

C’est d’ailleurs le SNB qui m’avait mis à l’époque en contact avec l’IAE de Caen. Cela m’a permis de passer un diplôme universitaire en gestion des entreprises 100% à distance et en 2 ans.

Ayant toujours eu en tête de monter ma propre entreprise, je voulais avoir la capacité de mener ce projet à bien, de pouvoir démarcher des investisseurs ou de clients et de leur montrer que je n’étais pas seulement un basketteur mais aussi quelqu’un qui connaissait le monde de l’entreprise.

Le moment le plus important dans ma formation est arrivé ensuite puisque j’ai eu la chance de pouvoir intégrer le programme Time-Out de la FIBA. Il s’agit d’un programme sur un an et destiné aux basketteurs professionnels.

Nous étions une quarantaine dans ma promo et de nombreuses fédérations étaient représentées.

Il y avait trois principaux axes de formation :

–       Le management dans le Basket à l’échelle FIBA ;

–       L’accompagnement des sportifs de haut-niveau ;

–       Un cursus universitaire plus classique dirigé par l’université de Newcastle.

Il s’agissait de la première édition et c’était encore avant le covid.

Avec le recul, je réalise que c’était une expérience fantastique, notamment pour les rencontres que j’ai pu y faire mais également parce que ça m’a permis de prendre de la hauteur sur le monde du basketball.

Quand je sors de cette formation, je suis titulaire d’un Bac+4 et j’intègre le Master 2 du Cesni en marketing et développement commercial. J’obtiens ce diplôme qui vient boucler mon parcours de formation mais surtout me donne de la crédibilité quant à ma volonté de monter ma société.

Je pense que lorsque l’on a un projet quel qu’il soit, il faut toujours prendre le temps de se former pour connaître bien son sujet. C’est pour cela que je me suis formé et qu’après ma reprise d’études je ne me suis plus jamais arrêté.

 

C’est donc à ce moment-là que tu as décidé de lancer ta société Quan ?

C’est ça ! J’ai lancé Quan après la fin du premier confinement pour être exact, soit en octobre 2020. Le premier confinement a été une sorte de catapulte pour ce projet.

Nous étions tous à l’arrêt et à ce moment-là, ma seule occupation c’était de faire les cours de CP de mes enfants (rires). Ça m’a donc permis d’avoir beaucoup de temps pour penser à ce projet, poser mes idées et structurer la chose pour finalement être prêt à lancer une version béta à la fin de l’été.

 

Et après presque 2 ans d’activité, quel est ton regard sur ta société et son développement ?

Le bilan a plutôt été positif, puisque le plan était à la base de lancer cette version béta en octobre 2020 et d’étaler cette phase de test sur un an, un an et demi.

Le projet était de commencer avec des connaissances, leur prodiguer nos services de manière gratuite et qu’ils puissent nous faire leur feedback sur nos prestations pour qu’on puisse les développer et en faire un modèle économique viable.

Mais finalement, tout s’est développé beaucoup plus vite que prévu.

Avec l’aide, du bouche à oreille, il s’est produit un effet boule de neige et pas mal de gens ce sont mis à nous appeler pour avoir recours à nos services.

Donc je pense qu’aujourd’hui je suis un peu plus loin que ce que j’avais prévu à la base et c’est pour moi extrêmement positif.

Néanmoins, ça veut également dire répondre présent, assurer notre qualité de service malgré le nombre de clients qui tend à augmenter et continuer à innover pour les fidéliser ainsi que s’ouvrir sur de nouveaux marchés.

Aujourd’hui, beaucoup de nos clients sont des basketteurs et même si cela restera toujours mon ADN, ma vision de ce projet ne se cantonne pas uniquement à ce milieu-là.

J’ai quand même l’impression que, comme lorsque tu pousses une charge très lourde, les premiers mètres sont les plus compliqués à faire mais maintenant que le projet est lancé, il avance de plus en plus vite.

 

C’est bien la preuve qu’entreprenariat et sport professionnel sont tout à fait compatibles !

Oui, et il y a quelque chose que je voudrais transmettre aux basketteurs ou sportifs de haut-niveau qui voudraient lancer leur business. Il faut le faire tant qu’on n’en dépend pas financièrement. Dans mon cas, je l’ai fait alors que j’étais encore basketteur et donc salarié de mon club. J’ai donc lancé Quan comme un projet annexe sans mettre à mal mon équilibre financier.

Ça te permet de mieux construire les choses, de penser à tout, sans être dans une recherche de profit instantanée. Et peu importe que le projet se développe ou ne soit pas rentable car finalement, tu assures tes arrières avec ta source de revenu principale.

 

Je pense que ça pourrait en effet intéresser les futurs entrepreneurs de nos championnats !

Du coup, tu as pris de l’avance sur ma dernière question (rires) ! Aurais-tu des conseils pour les basketteurs qui voudraient commencer à penser à leur reconversion professionnelle ?

Effectivement pour quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’entreprenariat, je pense que pouvoir se lancer pendant sa carrière est un vrai plus.

Je dirais également, et pour moi c’est une évidence, que se former durant sa carrière est très important.

Aujourd’hui, il y a tellement de moyens pour se former et les basketteurs ne sont pas obligés de passer par la voie classique ou encore académique. On peut être passionné de musique, d’infographie, ou n’importe quoi d’autre et réussir à se former en étant encadré ou par ses propres moyens.

Se former durant sa carrière est pour moi une énorme plus-value.

En tant que basketteur, on est quand même régulièrement sous la contrainte ainsi que la pression des résultats, les attentes du coach ou encore la concurrence.

La formation durant la carrière, je la vois comme une soupape de sécurité, c’est un projet personnel qui nous permet de penser à autre chose que « j’ai été bon, j’ai été mauvais et serais-je bon demain ? »

Aujourd’hui, il faut qu’ils soient conscients que se former durant la carrière de sportif n’est pas nuire à celle-ci, bien au contraire.

 

J’espère que tes conseils pourront inspirer un grand nombre de joueuses et joueurs !

Merci pour cet échange Edouard ainsi que pour le temps que tu nous as accordé.

Nous te souhaitons beaucoup de réussite que ce soit dans tes projets à Marseille ou avec Quan et espérons te recroiser bientôt en dehors des terrains.

CONTACTS
UTILES

Julie Campassens

j.campassens@snbasket.com
06 60 86 12 23

Arthur Daroux

a.daroux@snbasket.com
06 59 17 98 26

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